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Chirurgie esthétique et psychologie

Psychologue, je reçois dans ma pratique, des personnes ayant eu recours à la chirurgie esthétique ou envisageant d’y avoir recours.

Devant la somme de fantasmes qui entourent les client(e)s de la chirurgie esthétique, il me semble nécessaire d’apporter quelques éléments de précision.
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1) La chirurgie esthétique : pourquoi certain(e)s y ont recours d’autres pas ?

Contrairement à ce qu’on peut communément penser, la chirurgie esthétique a peu à voir avec « l’image corporelle réelle du sujet » i.e. l’apparence extérieure d’une personne, celle qui est visible par tous.

La chirurgie esthétique est, au contraire, en lien avec l’image corporelle fantasmée du sujet, c’est à dire l’image que le sujet s’est construit de son propre corps, dans son esprit.

L’image qu’un individu a de son corps (son image corporelle fantasmée) est le résultat d’un processus complexe mis en place dès la naissance et construit au fil des années par l’influence de l’entourage familial (puis, plus largement, celui de l’entourage social) aimant ou non, délicat ou non, narcissisant ou non. Cette image fantasmée peut être en total décalage avec l’image « réelle » du sujet.

Ce décalage est probablement un des facteurs explicatifs de l’agressivité, voire de l’agacement que suscitent les client(e)s de la chirurgie esthétique.

Ainsi, existe-t-il dans l’imaginaire collectif, une distorsion entre ceux qui, aux yeux de la société, sont légitimes dans leur recours à la chirurgie esthétique parce que trouvés laids ou disgracieux et ceux qui ne devraient pas y avoir recours car ces derniers « n’en auraient pas besoin ».

Or, il est important de noter que lorsqu’une personne a recours à la chirurgie esthétique c’est sur son image fantasmée qu’elle demande correction. Cette image fantasmée est intime, personnelle et propre à chaque individu.

Si dans les années 50 et 60, seules les vedettes du cinéma hollywoodien avaient, pour des raisons commerciales, accès à la chirurgie esthétique, il en va tout autrement aujourd'hui.

La chirurgie esthétique s'est véritablement démocratisée depuis les années 80 qui ont vu l'émergence du culte du corps modifiant ainsi la typologie de ses clients. Ces derniers appartiennent à des classes d’âge et à des milieux sociaux hétérogènes. Enfin, même si le sexe ratio est environ de 80-20 en faveur des femmes, le nombre de clients masculins est en constante augmentation.

Une personne souffrant de complexes physiques construits par un regard parental sévère ou maladroit et/ou renforcés par les railleries de cours d’école éprouve une souffrance psychique bien réelle que la chirurgie esthétique peut venir réparer.

De même, une femme ayant toute sa vie, tiré satisfaction d’un physique gracieux endure une vraie souffrance psychique lorsque cette grâce constitutive de son identité s’estompe à la faveur du temps. Il ne s’agit alors pas de vanité mais d’une véritable détresse psychologique ; cette personne se trouvant attaquée dans son identité.

b) Psychopathologie et chirurgie esthétique

S’il est vrai que certain(e)s client(e)s de la chirurgie esthétique souffrent de troubles dysmorphophobiques, ils sont minoritaires. La dysmorphophobie est un trouble de l’image de soi qui apparaît généralement à l’adolescence et qui touche majoritairement les filles.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dysmorphophobie

Il serait faux de dire que tous les patients de chirurgiens esthétiques sont dysmorphophobiques.

Ces personnes sont, au contraire, généralement on ne peut plus lucides et le choix pour elles, d'avoir recours à la chirurgie esthétique est l'aboutissement d'une vraie réflexion.

2) Patient(e)s et risques de la chirurgie esthétique

Une intervention chirurgicale, même lorsqu’elle répond à des objectifs esthétiques demeure un acte médical lourd avec tous les risques qui lui sont inhérents : risques anesthésiques, risques infectieux, risques cicatriciels et risques psychologiques.

Les patientes dont l’intervention de chirurgie esthétique se fait sous anesthésie générale évoquent unanimement leur anxiété à l’idée de ne pas se réveiller au terme de l’opération. Cette crainte est encore plus vive chez les mères de jeunes enfants. En décidant de se faire opérer, elles ont pleinement conscience de risquer leur vie. Aussi, prendre la décision d’avoir recours à une opération de chirurgie esthétique ne se fait-il jamais à la légère.

3) Esthétique et regard de la société

Les client(e)s de la chirurgie esthétique se trouvent pris(e)s au piège des injonctions paradoxales d’une société qui exige de ses membres toujours plus de jeunesse et de beauté mais dans laquelle le fait de prendre ouvertement soin de son apparence physique est au mieux moqué et au pire méprisé.

Ce mépris s’illustre avec justesse dans l’affaire des prothèses P.I.P. où l’état français prend en charge l’explantation des prothèses défectueuses ainsi que l’implantation de nouvelles prothèses pour les patientes ayant souffert d’un cancer, ces dernières « n’ayant pas choisi d’être malades », sont pleinement reconnues comme victimes. (Cela est tout à fait normal et personne ne peut trouver à y redire.).

Il en va tout autrement pour les patientes de la chirurgie esthétique pour lesquelles l’état fait le choix de ne prendre en charge que l’explantation des prothèses défectueuses, l’implantation de nouvelles prothèses restant à la charge de ces dernières au motif qu’elles avaient choisi d’avoir recours à la chirurgie esthétique (!) L’état ne s’est sûrement, pas demandé si ces femmes avaient choisi d’être mal dans leur peau, si elles avaient choisi de vivre des années de vie gâchées par leurs complexes.

4) Prise en charge psychologique et société

L’épisode des prothèses mammaires défectueuses met en lumière un phénomène bien ancré dans la société française qui est la tendance à la minorisation de la souffrance psychique.

Il est, en effet, fréquent que les personnes en souffrance psychique ne soient véritablement entendues (par leur entourage immédiat) que lorsqu’elles agissent leur mal-être de manière extrême (tentative de suicide, isolement etc.). Or, dans un pays aussi développé que la France, il ne devrait plus être nécessaire d’arriver à de telles extrémités pour que chacun prenne conscience du fait que la souffrance psychologique est une réalité qui met à mal de manière très concrète les personnes qui en sont victimes.

5) Le bienfondé de la prise en charge psychologique des client(e)s de la chirurgie esthétique

2) Une consultation en post-opératoire

Cette consultation est particulièrement utile pour 2 raisons :

⁃ La Psychologue intervient ici pour aider la patiente à faire face à la dépression réactionnelle qui survient juste après l’opération.
⁃ Cette consultation permet d’accompagner la patiente dans le changement physique qu’elle vient de réaliser. En effet, même si elle a été ardemment souhaitée, la transformation physique requiert un temps d’adaptation psychologique, en raison de la brutalité de sa survenue. D’autres entretiens, à la demande de la patiente, pourront s’ensuivre, notamment lorsque le partenaire de la patiente opérée peine à accepter la transformation ou lorsque la patiente peine à se reconnaître dans cette nouvelle image.

Quelques sites intéressants traitant de la chirurgie esthétique et de l’image de soi.

http://sante-medecine.commentcamarche.net/contents/anorexie/image-de-soi-et-dysmorphophobie
http://sante-az.aufeminin.com/w/sante/n42034/news/chirurgie-esthetique-45-des-femmes-sont-tentees.html
http://www.estime-de-soi.com/pdf/quotidien.pdf

Dans ma pratique, les consultations psychologiques autour de la chirurgie esthétique sont au nombre de 2 et s’articulent de la manière suivante :

1) Une consultation en pré-opératoire

La Psychologue offre ici à la patiente un lieu de parole dans lequel elle peut dire ses craintes, ses espoirs face aux modifications physiques à venir. Cet entretien a pour conséquence de mettre la patiente au clair avec l’acte qu’elle pose. C’est le moyen pour elle, d’aborder l’intervention avec sérénité et confiance. Elle se sentira soutenue et déculpabilisée dans son choix et dans sa démarche. Il ne s’agit en rien d’un entretien d’évaluation, le but n’étant ni de tester les motivations de la patiente, ni de tenter de la dissuader de se faire opérer.

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    A mon retour en France au milieu des années 90, j’ai intégré le monde de l’entreprise (grands groupes internationaux, PME) où j’ai occupé pendant plusieurs années des postes à des niveaux hiérarchiques divers (Conseil téléphonique bilingue anglais, Assistante export, Responsable de service client).

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    Mon approche thérapeutique est l’approche profondément humaniste de Carl Rogers (l'Accompagnement Centré sur la Personne) qui met l'accent sur la qualité de la relation entre le thérapeute et le patient. Il s'agit en particulier pour le Thérapeute, d'être capable de comprendre une situation non pas depuis son propre cadre de référence, mais depuis celui du patient. La personne est ainsi acceptée telle qu'elle est.

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